Comment choisir son Educateur canin ?

 

Depuis que j’ai mis les pieds dans le monde du chien, j’entends de plus en plus d’histoires malheureuses sur certains “Educateur/comportementalistes canin“ aux techniques plus que douteuses.

 

Il me semble donc important de vous éclairer, afin que vous puissiez trouver l’éducateur qui vous convient, mais surtout celui qui convient à votre chien.

 

 

Pourquoi mon chien et moi avons besoin d’un éducateur ?

Nous ne sommes pas tous égaux en matière de connaissances et de compétences relatives à l’éducation de nos amis à quatre-pattes.

 

Qu’il s’agisse d’une première acquisition d’un chien, de problèmes pour lesquels vous ne trouvez pas de solution (tirage en laisse, aboiements, problèmes d’obéissance ou de propreté, agressivité envers le humains ou ses congénères…), de l’envie de changer vos habitudes relationnelles avec votre animal (apprentissage d’une nouvelle activité, comme le Canicross, canirando, paddle ou n’importe quelle autre activité en binôme, nouveaux rythmes de vie ou de travail, intégration de l’animal dans un nouvel environnement…) ou encore en prévision de l’arrivée d’un nouveau copain de jeu (animal ou humain !) au sein du foyer.

 

Autant de raisons de nous laisser guider et aider par quelqu’un d’extérieur pour régler ces problèmes ou pour répondre à nos interrogations.

 

Quelle est l’approche qui me conviendra en matière d’éducation ?

Pour simplifier et sans entrer dans les détails de tout ce que vous pourrez rencontrer, je vous propose de les différencier ci-dessous en deux grandes catégories.

 

 

La méthode dite coercitive

 

Cette méthode est souvent basée sur l’idée de domination de l’animal, de hiérarchie et de soumission envers son maître. Elle se construit essentiellement sur l’inhibition des mauvais comportements de l’animal par une ou plusieurs formes de coercition (par la parole, le geste, ou à l’aide d’accessoires).

 

Cette technique propose et repose sur la rapidité « d’apprentissage » de l’animal, mais ne tient pas nécessairement compte de l’état émotionnel et du niveau de stress de l’animal.

 

Cette méthode est perçue comme efficace, notamment grâce à des résultats rapides et visibles immédiatement par n’importe qui.

 

Attention toutefois, car les dérives y sont nombreuses, et malheureuses pour l’animal.

Quelques éléments de réflexion devraient vous alerter :

 

 

Dans un premier temps, sur le matériel utilisé

Celui-ci laisse apparaître chez beaucoup de « professionnels » une tendance aux colliers étrangleurs, laisses « lasso », colliers à piques, colliers électriques, bâtons… L’usage immodéré de ces accessoires de contrainte physique provoque blessures et troubles sérieux du comportement.

 

Il s’agit alors de dominer l’animal par la peur, la force, la douleur.

 

 

Dans un second temps, sur les méthodes employées

 

Elles doivent directement nous interroger sur les dérives comportementales du maitre ou du dresseur. Les exemples cités ci-après ne sont pas anodins ; Il s’agit de méthodes très fréquemment proposées par de « grands professionnels » extrêmement connus et populaires pour certains, dont les écoles, stages, livres et autres sources de revenus sont à ce jour extrêmement lucratives !

 

Parmi les nombreuses vidéos que vous pourrez trouver sur internet, on peut régulièrement observer « l’éducateur » hurler sur un chien, le frapper, lui cracher dessus, le soulever de terre par le collier, ou le jeter à terre ; bref, malmener physiquement et psychologiquement l’animal. Cette culture de la violence à l’encontre de l’animal fait l’objet de brevets et marques déposées, de créations de centre d’apprentissage, et d’une véritable école de pensée.

 

J’attire là votre attention : il n’existe aucune justification rationnelle à ces actes, qui ne sont ni plus ni moins que des actes de violence envers le chien, infligés sans raison.En France, ces faits sont d’ailleurs pénalement répréhensibles, passibles de poursuites, bien que trop peu poursuivis.

 

N’allez d’ailleurs pas imaginer qu’il s’agit de cas très isolés et rares, ou absents de votre secteur. A l’échelle d’un simple département, celui dans lequel j’exerce, plusieurs cas de maltraitance flagrante m’ont déjà été rapportés par mes clients – parfois victimes de ces « éducateurs » autoproclamés et des méthodes décrites ci-dessus.

 

J’ai ainsi eu vent très récemment d’une technique qui m’était jusque-là inconnue et qui m’a fortement interpellée : celle-ci consistait à jeter avec force une bouteille en plastique remplie de cailloux sur le chien, à chaque mauvaise réponse ou mauvais comportement de ce dernier.

 

Cette « méthode d’éducation » n’est rien d’autre que le reflet des dérives comportementales de l’homme qui, dépassé par un comportement ou une attitude du chien qu’il ne peut contrôler par son incompétence ou par son manque d’informations, s’efforcera de se faire « respecter » par la force, voir par la torture de l’animal en question.

 

Ce sont malheureusement ces dérives qui sont à l’origine de chiens « cassés » qui finissent, dans le meilleur des cas, en refuge après avoir mordu ou attaqué et qui deviennent difficiles ou impossibles à réhabiliter.

 

Malgré que ces sévices ne constituent (fort heureusement) pas le socle des méthodes coercitives, il n’en demeure pas moins vrai qu’à mon sens cette méthode est mauvaise pour n’importe quel chien, car non respectueuse de l’animal et de son état psychologique – voir physique.

 

Sous prétexte d’inhiber les comportements négatifs du chien, il ne s’agit pour se faire que de les réprimer par la crainte d’une sanction, très souvent physique.

 

Ainsi, la méthode coercitive peu malheureusement souvent s’apparenter à un travers purement créé et entretenu par l’Homme : Se faire craindre, pour se faire respecter.

 

Si cette idéologie ne trouve pas écho en vous, je vous propose ci-après une seconde méthode, qui est celle que j’applique !

 

 

La méthode dite « positive »

 

Cette méthode est davantage basée sur la motivation du chien à répondre à des sollicitations, en récompensant les bons comportements et en ignorant les mauvais. Et surtout sur la prise en compte de l’état émotionnel et du langage corporel de l’animal en question.

 

L’objectif est de rendre le chien compétent dans ses interactions et dans ses comportements, afin que celui-ci puisse sereinement s’intégrer dans le monde des humains qui, rappelons-le, n’est à l’origine pas le sien.

 

Par cette technique on souhaite également créer une relation de confiance entre le maître et son chien, basée sur le respect et la bienveillance.

 

Ici, vous ne trouverez aucun des accessoires cités plus haut. Pas de collier étrangleur, de collier électrique, de bâton. A la place, vous aurez à disposition des colliers plats, des harnais anti-traction, des laisses ou des longes, des friandises, des jeux, des balles, des clickers.

 

Dans cette méthode, c’est souvent le maitre qui apprend avant le chien. Car pour rendre son animal compétent il faut d’abord l’être soi-même, et surtout savoir se remettre en question.

 

L’animal se plaira à faire ce qu’il faut pour obtenir l’approbation et le contentement de son maître, sans que ce dernier n’ai jamais besoin d’appliquer une coercition ou une sanction qui entraînerait l’animal à agir par crainte.

Cette technique positive est à mon sens celle à prioriser, car elle tient compte de l’état mental et psychique du chien lors des interactions et des demandes. Elle est également physiquement respectueuse de l’animal. Si l’apprentissage peut parfois sembler plus long et les effets moins « immédiats », le résultat est bien plus qualitatif et ne joue pas avec les limites mentales et physiques de l’animal.

 

Cette méthode est celle que j’utilise, exclusivement, et celle que j’affectionne.

 

 

Avant de faire le choix de votre professionnel, posez-vous les bonnes questions, notamment eu égard aux éléments cités plus haut.

 

En parallèle de vos affinités avec l’une ou l’autre méthode, votre interrogation doit aussi être celle de la place qu’occupe votre chien dans votre famille, ainsi que votre vision globale de l’animal et de ce que vous comptez en faire.

 

Est-il un membre à part entière de votre famille ? Avez-vous un objectif de compétition ou de travail, ou souhaitez-vous simplement avoir un animal avec qui il est facile de vivre ?

 

En bref, comment le considérez-vous ? C’est cette question toute particulièrement à laquelle il faudra répondre avec le plus d’honnêteté intellectuelle, pour être en mesure de trouver l’éducateur et la méthode qui vous correspondent.

 

Il est tout aussi important à mon sens de faire attention à votre feeling :il vaudra mieux attendre de trouver un éducateur qui vous correspond, ou de payer un peu plus cher et obtenir une aide de qualité, plutôt que de choisir de faire de petites économies, ou choisir au plus près de chez vous, ou disponible immédiatement, au détriment du respect de votre animal et au détriment de bons résultats.

 

Vous risquez de devoir, par la suite, faire appel à quelqu’un de plus compétent – et donc d’engager plus de frais – pour rattraper d’éventuelles erreurs de jugement, des techniques inadaptées, voir des sévices, mais surtout de faire face à des séquelles physiques ou psychologiques sur votre animal qui seront difficiles ou impossibles à rattraper.

 

Je vous rappelle que vous êtes libres de choisir l’éducateur qui sied à vos besoins. Vous êtes également libres de dénoncer publiquement et à la justice les charlatans qui maltraitent votre animal !

Ce n’est pas parce que vous avez payé un individu qu’il a tout pouvoir sur vous et votre chien. A tout moment, si cela ne vous convient pas, vous avez le pouvoir de dire STOP et de prévenir les autorités compétentes si vous avez été victime ou témoin de faits de violence ou de sévices sur l’animal !

                                                                                               

 

 

 

La réflexion dans le choix de votre éducateur n’est pas anodine, et conditionne directement la relation avec votre animal et son avenir au sein de votre foyer.

 

Il en va également de son intégrité physique et mentale pour les années à venir.

 

 

 

N.A. : cet article n’a pas été rédigé dans l’objectif de dénigrer une méthode ou l’autre, mais d’éclairer le propriétaire dans son choix, en fonction de sa sensibilité personnelle et de ses objectifs.

 

 

Article rédigé par K. Lisa, C. Michael. 

Remerciement à Hélène pour son aide. 

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